Linux-Expo

Voici les notes que j'ai prises durant les différentes conférences auxquelles j'ai pu assister à la Linux-Expo. J'essaie généralement de faire parler les conférenciers à la première personne. Evidemment ces notes sont parfois décousues quand je perds un peu le fil de l'exposé. Il doit aussi y avoir de nombreuses imprécisions ou déformations; et des expressions en anglais mal comprises! Mes commentaires et impressions personnels sont en italiques.

Cette Linux-Expo s'est tenue au Palais de Congrès, porte Maillot à l'ouest de Paris. L'accueil était un peu dépassé par l'affluence. Au milieu des gens qui réclament leur badge, je croise des gens du CENA Paris, ils sont venus en force: 8 représentants! Ils utilisent Linux pour faire des proto d'IHM originales.

Jeudi matin:

Cette première partie s'appelait les "Keynotes" et s'est déroulée dans la grande salle du Palais des congrès qui était à peu près à moitié remplie. C'était assez impressionnant!

Accueil: Bernard Lang (INRIA, AFUL)

AFUL= Association Française des Utilisateurs de Linux et autres logiciels libres. Bernard Lang s'exprime facilement, meme s'il semble un peu intimidé au début. Il est chaleureux et plutot informel, doit avoir dans les 50 ans et a préparé quelques notes.

La liberté de développement est un facteur favorable à l'économie et à la croissance. Richard M.Stallman est à l'origine du mouvement; il est l'inventeur de la licence publique (GNU Public License) adaptée aux besoins commerciaux et repectant l'esprit libre. Il est avant-tout un juriste du logiciel libre.

Torvalds, par son charisme, a amplifié le mouvement et créé le noyau Linux. April est une société française proche de la Free Software Foundation. L'aful se veut un peu la "présentation marketing" de Linux et des associations. Un accord cadre avec le ministère de l'éducation facilite le propagation de Linux dans l'enseignement et l'administration.

Cite le livre "Lierté égalité business" (JP Smets-Selana); modèle économique et technique plus ouvert. Cite Euro-linux à propos de la non brevetabilité des logiciels. Conférence au japon la semaine suivante. Espère que l'expo fera découvrir le logiciel libre à beaucoup de gens.

Larry Augustin (CEO VA Research, phd Stanford)

Larry (35ans?) a vraiment une allure typiquement anglaise, un peu comme Bernard Rapp mais en plus "relax" et plus charismatique! Sa présentation (en anglais) est minutieusement préparée, mais son accent me gène parfois. Des "transparents" sont projetés en grand derrière lui, depuis son PC portable.

Je suis étonné qu'il y ait tant de monde! Environ un tiers du public utilise déjà Linux. Les systèmes ouverts existent depuis longtemps et sont à l'avantage des utilisateurs: plus de concurrence, meilleurs produits. Sun a toujours pratiqué l'ouverture, c'est aussi une caractéristique Unix en général.

Les Open APIs ont échoué, le logiciel libre semble être le seul moyen de produire et garantir des interfaces standard. Les grandes entreprises vont moins contrôler le marché. Impact social: les utilsateurs et les ingénieurs regagnent du contrôle, aux dépends des grandes companies. Le contrôle revient un peu aux experts techniques. L'investissement personnel est plus grand, on imagine moins que les gens sont interchangeables.

En même temps les ingénieurs peuvent travailler sur Linux chez n'importe quelle entreprise. Le hardware n'est pas dominé par une companie unique, ce sera la même chose pour le soft. Le savoir-faire va reprendre une place perdue. Le logiciel libre va changer fondamentalement l'industrie du logiciel.

On lui demande sous quel OS tourne sa présentation qui fait très "PowerPoint": il s'agit en fait de ApplixWare avec KDE. Larry Augustin est très content de son effet! Chez VA tout le monde travaille avec ApplixWare. VA essaie de créer un environnement qui retienne les ingénieurs, puisqu'ils peuvent bouger plus facilement.

Linux jouera un rôle important dans la définition de la prochaine norme Posix. Oracle, et les autres companies, devront modifier leur approche du marché. Gnome, gtk peuvent devenir des standards de plus haut niveau que ce que l'on connait aujourd'hui.

Olivier xx (NetGem):

Il est un ancien thésard de l'INRIA, doit avoir 40 ans, en costard, s'exprime d'un manière moins vivante; il est visiblement un peu tendu. Ses transparents sont moins élégants

NetBox a remporté le prix du logicial libre décerné par DSK. Est-ce que l'informatique facilite vraiment la vie ou se contente de servir l'informatique? Il y a un réel besoin de faciliter l'accès à l'ordinateur. C'est l'objectif de la NetBox; elle tournait à l'origine sous un système dédié mais finalement l'utilisation de Linux, beaucoup plus riche, représentait un surcoût faible. Ca tourne avec 8Mo de RAM, l'OS rentrant dans une flash de 2Mo. Il s'agit d'un noyau standard.

Linux apporte simplicité, stabilité, extensibilité et surtout standardisation: pour les développeurs l'API est simple et tout à fait classique. Il y a eu 100.000 exempaires vendus en 98.

La force de Linux est d'être utilisé par des gens expérimentés; Linux va arriver par les serveurs.

Pierre Dianteill (Oracle, Dircteur marketing produits Oracle France):

Changement de style: plus détendu, en tee-shirt Oracle, avec un ton un peu plus marketing. Sa présentation est courte.

Va parler d'internet et de Linux. Internet change les relations aux clients. Voilà.fr est entièrement conçu sous Linux. La charge rencontrée chez Yahoo, Amazon... impose l'usage d'un OS rapide et robuste. Confirme le retour à des serveurs de grande taille avec des postes clients moins sollicités.

Une enquête Datapro montre une grande satisfaction de cadres informatiques dans l'entreprise concernant Linux. Oracle ne préconise pas d'OS particulier, mais se sent beaucoup d'affinités avec Linux. Oracle 8i, très orienté web, est disponible pour Linux. Fin 1999 toute l'offre Oracle sera disponible sous Linux. SQLI présente une appli Eyrolles.fr reposant sur Linux.

Robert Leblanc (vice président, IBM software group):

Là on a vraiment affaire à un pro: pas très grand, 50 ans, Robert L. s'exprime dans un anglais facile à comprendre, mais avec une énergie peu commune. On dirait qu'il fait des meetings politiques toute sa vie! A la fin on est convaincu que Linux est le principal centre d'intéret d'IBM!

Souvent Linux est utilisé sans que les décideurs le sachent. 80 à 90% des grandes entreprises utilisent plusieur OS, il y a un grand besoin d'interopérabilité, encore renforcé mais aussi facilité par internet. Internet est le meilleur exemple de standard ouvert, et Linux rencontre un grand succès côté serveur.

"The time for Linux thinking & decisions is now". 700.000 licenses Linux serveur vendues en 98. Novell, SAP, soft AG, Informix, Oracle, HP, CA, Metrowerks... supportent Linux. Utilisateurs: Cisco, Nasa, Mercedes, Boeing.. Principalement Samba et petits serveurs web. L'utilisation s'oriente largement vers les serveurs de fichiers/impression.

La popularité brusquement monté ces 6 à 12 derniers mois. Cendant Corp. gère 4000 hotels avec Linux. Northwest Airines ont porté 23 simulateurs depuis d'ancienne plateformes. IBM utilise DB2 sous Linux pour le site web de Wimbledon.

Les décideurs doivent comprendre que ce n'est pas seulement une jolie technologie mais que ça apporte perfomance et rendements. Ce qui manque c'est le support, c'est là qu'arrive IBM. Linux s'adresse encore à des spécialistes techniques, pas à l'utilisateur lambda (c'est ce que dit Torvalds aussi). L'expérience Mindcraft montre quand même l'utilité de spécialistes pour peaufiner des installations.

IBM souhaite s'engager à fond dans le support technique. Pour éviter une fragmentation, IBM supportera toutes les distributions. Dès septembre, il y aura des experts sur Caldera, RedHat, Suse, PacificHighTech. IBM a déjà une offre en comerce électronique, Linux sera intégré à la liste des OS utilisés. Une machine virtuele java libre a été publié par IBM, d'autres contributions sont à venir. (6 heures après la publication du source sur internet, 70 bugs étaient corrigés par des utilisateurs)

34.000 versions Linux de DB2 ont été téléchargées. Voir Alphaworks et IBM software group pour java et Visual Age. "Linux is real... but still needs work". Dans un meeting similaire à San Fancisco, 65% des auditeurs comptaient utiliser Linux prochainement.

AIX va supporter le plus possible de fonctionnalités Linux, pour l'instant AIX est plus adapté aux grands systèmes.

Bob Young (CEO Red Hat):

Bob Young est extrèmement sympathique; 40 ans, très souriant, il a un sens du second degré étonnant. Il parle bien français, a des chaussettes rouges (normal!) mais ne peut s'exprimer sur les prochaines décisions de son entreprise RedHat qui vient juste d'etre introduite en bourse. Bernard Lang recommande la lecture de son article dans la base de données Edgar (???)

Bob suspecte que son micro qui vient de tomber est un produit Microsoft! Il rappelle la distinction entre gratuit et libre. Redhat et Suse ne sont pas que des distributeurs, ce sont des intégrateurs comme les fabriquants de voitures.

La force de Linux vient autant de ses qualités techniques que de sa nature de logiciel libre. En 81 tous les grands analystes pensaient que le PC ne rencontrerait pas de succès à cause de son ouverture, perçu comme un manque de qualité.

La majorité des programmeurs ne travaillent pas pour des entreprises de logiciel mais pour des entreprises comme France Télécom ou Airbus et qui peuvent avoir un intérêt dans le logiciel libre. Dans ce cas l'utilisateur a le contrôle sur son outil et l'industrie tire profit de cette caractéristique.

On est dans une situation où le fabriquant et l'utilisateur coïncident. Les concurrents ne sont pas Suse ou Debian mais Microsoft. Redhat s'intéresse aussi à FreeBSD et ne souhaite pas "être un grand poisson dans un petit lac"!

En réponse à des questions: RedHat n'a jamais fait de contrat d'exclusivité, ne peut probablement pas en faire si elle veut garder ses clients. Et il serait dans l'intérêt de Sun et IBM d'utiliser la GPL plutôt que des license "libres" trafiquées; il faut s'opposer aussi à la brevetabilité des logiciels, on pourrait justement tenter de breveter la phrase "Le ciel est bleu"!

Enfin, à la question "quel avenir pour Linux?", Bob Young, qui n'a pas le droit de s'exprimer la-dessus se contente de citer Linus Torvalds: "World domination, and fast!"

Jeudi après-midi:

L'évolution du concept Free Software, Richard Stallman:

Il parle français! Et bien en plus! Il est généreusement barbu et chevelu, doit avoir dans les 50 ans et une belle pocbe à bière. Il est habillé on ne peut plus cool, est chaussé de vieilles "converse" qu'il enlève rapidement; demande qu'on éteigne le vidéoprojecteur, qu'on lui apporte du thé... La salle est comble, c'est la star! Il va parler en français 30mn environ, puis en anglais pour aller un peu plus vite. Il est très agréable à écouter. Bien que s'exprimant sans notes, il parle continuement pendant 2 heures environ, ponctuant ses explications de quelques blagues bien senties, c'est un bon orateur

RMS trouve que les aspects politiques sont écartés du débat et que l'on oublie l'origine du logiciel libre. Il évoque le bonheur de pouvoir partager, découvert avec ses premières communautés logicielles. Le partage du savoir-faire est alors total. On avait le sentiment de travailler pour l'humanité et non pas contre un concurrent.

Il rappelle l'histoire de l'imprimante livrée sans le code source qui ne leur permettait plus d'apporter les améliorations qu'ils avaient coutume d'ajouter. Il continue en anglais, avec un accent très agréable.

La plupart des gens découvrent un accord de confidentialité lors de sa signature, sans se douter des nuisances que cela entraîne. On peut être obligé de trahir un ami à cause de ça; c'est le contraire de la mission des ingénieurs qui est de servir l'humanité. D'où la décision: "si je ne peux pas le partager avec vous, je ne prends pas ce logiciel".

Lors de l'arrêt des PDP-10, le problème se posait de savoir si j'allais passer ma vie à construire des murs. J'ai pensé arrêter l'informatique, mais je n'aurais guère pu être que serveur dans un resto! J'ai plutôt préféré comencer le dévelopement d'un OS libre.

Pour éviter l'obsolescence liée à un hardware particulier et aussi pour ses caractéristiques (pipe, fork..) j'ai choisi de suivre la philo Unix. J'ai respecté la tradition des acronymes récursifs et ai baptisé mon projet GNU (GNU is Not Unix).

En janvier 1985 j'ai quitté le MIT et ai commencé à travailler sur le projet GNU, au MIT comme un projet différent. En réécrivant les éléments un par un, les gens pouvaient s'en servir immédiatement. J'ai rapidement gagné assez en vendant des copies d'Emacs, parce que je vis simplement. Je n'ai jamais voulu être esclave de l'argent. En français il n'y a pas de confusion entre libre et gratuit. Je peux résumer cette philosophie en 3 mots: "Liberté égalté fraternité".

Il y a tout une hiérarchie entre les différentes licenses "libres": une liberté nulle. La liberté de copier un logiciel, sans laquelle on ne peut partager avec ses amis; c'est une menace psychosociale: imaginez que vous passiez chez des amis juste avant manger et qu'ils vous disent "désolé, tu ne peux pas rester manger, notre repas est un plat de pates microsoft protégé par une licence exclusive"! La liberté suivante est celle du code. De plus l'expérience montre que les gens contribuent et achètent Emacs malgré la liberté de le copier.

Pour éviter ce qui est arrivé à Xwindow, distribué par les industirels sous forme binaire alors que le MIT en donnait les sources à l'origine, j'ai conçu la licence GPL, et la Library-GPL un peu moins libre, que l'on peut linker à des librairies non libres. C'est le copyleft ou "gauche de copie"!

GNU est devenue "reconnue d'intérêt publique" pour des exonérations d'impôts. Et bien qu nous soyons les plus chers distributeurs de produits GNU, on continua à acheter nos logiciels. J'aime contredire les lois de l'économie! Et je vous invite d'ailleurs à acheter nos logiciels, nos documentation et nos tee-shirts!!!

Maintenant, l'essentiel du travail est réalisé par des volontaires. Finalement on a eu tous les éléments essentiels, il ne manquait plus que le noyau. J'ai décidé d'utiliser Mach de Carnegie-Melon, mais la mise au point était très difficile.

Pendant ce temps le noyaux Linux était écrit, et par chance GNU pouvait fournir tout ce qui manquait. Mais il est parfois frustrant qu'on oublie l'origine idéaliste du projet GNU. L'avenir et la réussite du projet dépend davantage de sa philsophie que du nombre de ses utilisateurs ou des companies qui le supportent.

Au lieu de ça, les gens voient Linux comme un concurrent comme les autres et se contentent de parler de sa facilité d'utilisation. C'est vision très limitée des choses; elle risque de s'agraver si l'on ne recherche que la popularité et que de plus en plus de gens ignorent ces principes fondateurs.

C'est pourquoi il faut faire connaître la philosophie du logciel libre et appeler ce système GNU/Linux. Voir le répertoire "philosophie" sur www.gnu.org

C'est ainsi que l'on m'appelle Saint Ignucius from the GNU Church, église que je vous recommande car le célibat n'y est pas requis; seule la pénitence est nécessaire: il faut juste retirer de son ordinateur tous les logiciels non libres!

En disant ça, Stallman enfile une toge et se coiffe d'un vieux disque dur doré qui lui fait une superbe auréole; il pose sur sa main gauche un laptop qui trainait et lève la main droite! Crépitent alors des tas de flash! Il répond ensuite à quelques questions. Alors qu'il était resté très détendu pendant tout son exposé, on le sent soudain beaucoup plus intransigeant.

Vendredi matin:

Témoignages clients, grands comptes et PME

Bruno Deschandelliers (Atrid)

Conseil, gestion de projet, formation, aide au déploiement, assistance technique et contrat de support. Infogérence, téléadministration. Choisi par Compaq pour effectuer du support, avec montée en puissance en un an.

Champs d'application: serveurs (comme NT ou netware), clients léger/durci, embarqué. Actuellement pour les erveurs: 36% de NT, 17% Linux. (Serveur de fax: hylafax). Points forts: coûts de licences, mais surtout respect des standards et donc évolutivité. Serveurs commerciaux: Lotus Notes est en cours de portage (SAP aussi).

Le client léger repose essentiellement sur un navigateur web. C'est un peu la version moderne du VT100. Client durci: Xwindow sur une disquette. Qube: exemple de "une boîte=une fonction", rien qui ressemble à un PC; serveur de web, de mail, de firewall, version "rackable"... Embarqué: sur des cartes électroniques (PABX), UC linux.

Conclusion sur les principales raisons de réussite en entreprise: coût, robustesse, et surtout adaptation à l'existant.

Exemple: société Acte à Vélizy. Serveur de réseau local, passerelle internet. Cette société loue un service de "bureaux clés en main" et a donc besoin d'une solution très modulaire: pour ajouter facilement un grand nombre de postes et pour mesurer son utilisation pour facturer ce service. Le serveur n'a jamais été relancé en un an d'utilisation malgré l'ajoût de fonctionnalités comme serveur de fax ou passerelle internet.

2ème exemple: Infosalons. Cette société a une solution informatique (basée sur la base de données de Pick Systems) pour gérer l'accueil des participants et des visiteurs. Ils s'occupent parfois de grands salons (Batimat). Pour des raisons faciles à imaginer (énervement des visiteurs...) la robustesse est l'objectif principal; et ce malgré d'éventuelles défaillances réseau. D'où des bases de données réparties avec réplication, et un système de supervision.

3ème exemple: ministère de l'agriculture. Gestion de l'ensemble de la logistique des cours, des résultats... Solution autrefois basée sur Oracle. Portage sur NT pour éconnomiser sur le matériel, mais le résultat a été décevant, surtout en termes de robustesse. Ils sont en train de revenir à Unix/Oracle mais sous Linux pour les serveurs, windows pour les clients. La productivité du système a augmenté de 50%, ce qui a été un effet de bord agréable.

Bruno Cornec (Medasys)

Discute d'un certains nombre d'idées reçues: pas de support/formation (voir Learning Tree), pas de documentation (O'Reilly), gratuit donc de valeur faible, difficile à installer (plus justifié), manque d'applications (c'est en train de changer)... Rappelle les mêmes points forts que Bruno Deschandelliers.

Medasys travaille en partenariat avec HP. Problèmes restant d'actualité: multiplicité des distributions, des outils, nécessité de compétences Unix, de compétences internet, décideurs réticents, changement d'habitudes difficiles, soumission au mode de pensée dominant.

Activité Médasys: distribution et installation du matérial HP sous Linux (du petit PC jusqu'au grand systèmes 32 noeuds), développement de logiciels médicaux pour la gestion d'hopitaux. 6ans de partenariat avec HP. HP a investi les moyens de porter Linux sur HP-PA8000 et sur Merced. Les produits de management de réseaux HP seront disponibles à la fin de l'année.

Support Linux 24H/24H par HP avec réponse dans les 2 heures. Les formations disponibles pour NT ou HP-UX sont maintenant aussi disponibles sur Linux. Medasys est le centre de compétences Linux pour HP en France.

Medasys propose des solutions globales, en particulier dans le domaine du médical. Parts de marché selon IDC: NT 36%, NetWare 24%, Linux 17% (distributions vendues), autres Unix 17%. Plus de 3 millions de serveurs web sous Linux. Une tentative de transition représente un risque financier très limité; si un prototype donne satisfaction, sa multiplication est peu coûteuse. La téléadministration limite aussi le coût de la maintenance.

La disponibilité du système est incomparablement plus élevé qu'avec NT. La conformité aux standards offre l'accès aux autres Unix si nécessaire. Linux s'adapte au parc de machines en place. Bruno Cornec liste ensuite les applications serveurs et clients disponibles.

Les Hopitaux dont les serveurs sont passés sous Linux étudient maintenant le passage du poste client sous Linux. Le CNRS étudie le passage de ses 4000 laboratoires sous Linux. Les transparents seront disponibles sur le site de Linux expo.(je ne les ai pas trouvé)

Questions/réponses: quelle est la pérénité des logiciels libres puisque les développeurs ne sont pas payés? On rappelle en gros à celui qui pose la question ce que Bob Young a expliqué: le logiciel libre est essentiellement maintenu par des gens qui sont informaticiens mais pas pour des entreprises de logiciel.

Utilisation au CERN: passage de grands systèmes Unix à des clusters de PC sous Linux. Informations intéressantes sur la téléutilisation, donc sur la maintenabilité avec des comparaisons avec NT. Montre une capture d'écran de supervision où des machines ont un "uptime" de 50 jours et une charge moyenne maximale. Ces PC sous Linux servent à piloter l'accélérateur de particules, c'est du sérieux!

Gilles Maire (UNGI): grands comptes

Voir UNGI (et autrefois: Internet Mode d'emploi)

8 sites miroirs, 4 sites intranet, 4 à 8000 visiteurs pas jour. Cetelem, le ministère des affaires étrangère achètent la formation internet de UNGI.

Le produit UNGI GPS permet d'envoyer des requêtes d'impression par web. Au conseil de l'Europe s'imprimaient 180 millions de pages par an, le but était d'ajuster le plus finement possible la quantité d'impressions.

Quand les Sparcs 1 sont devenues obsolètes, elles ont été remplacées par des machines Linux en 1997. Puis France Telecom a eu besoin de 20 formateurs internet, UNGI ne les avait pas; au lieu de ça ils ont développé un logiciel de Quizz qui a permis de trouver chez FT les 20 formateurs.

Maintenant, un serveur http modifié permet avec de Samba de surveiller les impressions; c'est utilisé à la BNF, à l'assemblée nationale, au conseil de l'europe (celui-ci a économisé 50 millions de pages par an), Airbus, Konica, la FNAC, journal Le Monde. 1998: 2 personnes, 2 millions de CA.

Au début UNGI travaillait avec des produits microsoft, abonné à MSDN; c'est la mauvaise qualité du support MS qui a incité à passer sous Linux.

Vendredi après-midi:

System benchmarking of Linux

Larry Augustin (VA research):

Distinguer une mesure globale unique de chiffres plus spécifiques: MIPS ou Xstones sont des mesures globales donc approximatives. Il y a aussi des benchs indépendant de l'OS et d'autres liés à un OS particulier.

Spec CPU: cpu, mémoire, code compilé. Spec web. Spec SFS: basé sur NFS.

3 aspects, soit 8 cas: mono ou multiprocesseurs, basique ou optimisé, flotant ou entier. D'où des SpecInt_95, SpecInt_rate95...

Byte Unix benchmarks: mesure et mélange tout un tas de choses, ses sources sont disponibles. Pour les entrées/sorties les tests les plus populaires sont: Bonnie, et Iozone. Concernant le réseau: ttcp (très "monoconnection"), netperf (plus difficile à mettre en place mais plus général). Linux a maintenant une pile TCP/IP très performante.

lmbench mesure beaucoup de choses de manière pointue: hardware, OS (context switch time), réseau. Il est un peu plus difficile à mettre en place et à analyser. Linus l'utiliserait régulièrement pour optimiser son noyau.

ftp:ftp.inria.fr/system/benchmark

Marc Barret (INRIA Rhône-Alpes):

Mesure de performances en serveur de bases de données, comparaison avec NT. Un client java/JDBC s'adresse à 2 serveurs SQL, l'un avec NT workstation (service pack4) et l'autre avec une RedHat 5.2; et une base de données disponible sur les 2 systèmes (genre Oracle ou IBM, mais qui souhaite rester anonyme). Un benchmark avec 8 tables, utilisés couramment comme test, a été utilisé. Les deux systèmes ont utilisés "au sortir de la boîte", c'est à dire sans optimisation.

Linux est typiquement 2 fois plus performant, le régime de travail est beaucoup plus soutenu. Le ratio sur chaque type d'action va de 1.5 à 25. Pour le test complet à 0.1 de la taille nominale de la SGBD (soit 1Go), on passe de 16h40 sous NT à 2h30 sous Linux.

mailto: barret@inria.fr

JDBC a donné une grande satisfaction d'utilisation. Le bruit engendré par ce test a été surprenant. Le serveur NT s'est dégradé peu à peu.

Informations recueillies sur les Stand:


Fabien Gélenne
Last modified: Thu Jun 24 14:39:34 MET DST 1999